Aristide/Dispute: Les cinq principaux candidats à la présidence remettent les pendules à l’heure

files-10En campagne électorale la semaine dernière, Jean-Bertrand Aristide a accusé, sans les citer, les candidats à la présidence Jude Célestin, Moïse Jean-Charles, Jean-Henry Céant et Jovenel Moïse d’avoir participé à un complot orchestré par une petite minorité  ayant « fait disparaître 11 milliards de dollars », qui devaient servir à la reconstruction du pays après le tremblement de terre de janvier 2010. Dans des interviews au Nouvelliste, mardi, Jude Célestin, Moïse Jean-Charles, Jean-Henry Céant n’ont pas mâché leurs mots contre le leader charismatique de Fanmi Lavalas.

Aristide aurait mieux fait de laisser parler son candidat, selon Jude Célestin

Selon Jean-Bertrand Aristide, un candidat à la présidence qui a travaillé au CNE doit 23 millions de dollars à cette institution. Il n’avait pas cité le nom de

Jude Célestin, certes, mais il n’y a aucun doute qu’il parlait du candidat à la présidence de Lapeh, le seul dans la course au palais national à avoir dirigé le CNE. « Le CNE n’a jamais eu 23 millions de dollars », a répondu Jude Célestin joint par téléphone mardi soir par Le Nouvelliste.

Il a rappelé qu’à deux reprises il avait dirigé le CNE sous la présidence de René Préval et pendant une courte durée sous la présidence d’Aristide. « La Cour supérieure des comptes m’a donné décharge, avis favorable pour mes deux gestions après avoir effectué des audits », s’est félicité Jude Célestin. Il a indiqué avoir laissé le CNE en bon état de fonctionnement en 2001, mais l’administration d’Aristide qui s’en suivait l’avait mis en défaillance, a-t-il dit.

« Est-ce que ce Monsieur est candidat ? Il doit laisser parler son candidat », a balancé le candidat de Lapeh. Pour Jude Célestin, Jean-Bertrand Aristide est un simple citoyen qui fait des déclarations mensongères auxquelles il n’entend pas accorder trop d’importance.

De façon ironique, Jude Célestin a qualifié Maryse Narcisse de « bebe kandida  ». Selon lui, c’est  à la candidate de Fanmi Lavalas qu’il revient de parler de son programme politique pour le pays, « non pas Jean-Bertrand Aristide de lui mettre la parole dans la bouche. »

« Arrêtez de faire des appels à la violence. Nous n’avons pas besoin de ‘’dechoukay’’. Nous voulons la paix pour le pays et c’est ce que nous offrons à Lapeh… », a-t-il dit à M. Aristide. « Il ne faut pas aventurer le bébé candidat dans cette voie escarpée et dangereuse », l’a-t-il exhorté en faisant référence à Maryse Narcisse comme une candidate incapable de faire passer sa vision.

M. Célestin a dit faire confiance à l’institution du pays chargée d’organiser les élections. « Je vais aux élections le 20 novembre », a-t-il dit. S’agissant de la date du 7 février pour la prestation d’un nouveau président élu, le candidat à la présidence s’aligne sur les prescrits de l’article 134-2 de la Constitution amendée de 1987 évoqué par le CEP pour répondre à ceux qui exigent un élu au palais national le 7 février.

« Fini le temps de tim tim bwa sèch, wòch nan dlo pral konn doulè wòch nan solèy… », dit Moïse Jean-Charles à Aristide

Aristide accuse Moïse Jean-Charles, sans citer son nom, de sénateur proche de René Préval, qui avait voté les pleins pouvoirs à la CIRH, dirigée par Bill Clinton et Jean-Max Bellerive après le séisme du 12 janvier 2010. A ceci, le leader de Pitit Dessalines répond ainsi : « Il doit se rappeler que ce sont les gens sous les tentes après le tremblement de terre qui avaient manifesté devant le Sénat logé à ce moment-là à l’académie de police pour demander le vote de la CIRH… »

Selon l’ancien sénateur, il s’était dans un premier temps opposé au vote de la CIRH. Les gens pensaient, a-t-il rappelé, qu’ils allaient trouver un mieux-être avec le vote de ce document qui promettait 12 milliards de dollars pour la reconstruction du pays. « On ne pouvait pas s’opposer à cela », s’est-il défendu.

Après ses explications, Moïse Jean-Charles ne s’est pas fait prié pour attaquer de façon frontale son ancien chef de parti. Selon lui, ce qui s’est passé avec le vote de la CIRH est moins grave que quelqu’un « qui marquait le pas charlemagne péraletement et s’est appuyé sur des troupes de l’armée américaine pour revenir au pays et exigé un embargo contre Haïti… »

« Lorsqu’il était candidat, il avait un discours tim tim bwa sèch. Aujourd’hui, moi je parle de la nouvelle classe économique, je fais la promotion de la production nationale. Il avait di wòch nan dlo pral konn doulè wòch nan solèy. Moi je dis plus de prospérité économique pour tout le monde… », a déclaré M. Moïse pour parler de Jean-Bertrand Aristide lorsqu’il était candidat à la présidence.

« La caque sent toujours le hareng », déclare Jean-Henry Céant à Jean-Bertrand Aristide

Pas besoin de citer de nom. Lorsque Jean-Bertrand Aristide parle de candidat qui avait détruit les maisons à la rue de la Réunion, le notaire et candidat à la présidence Jean-Henry Céant se sent directement attaqué. Et il contre-attaque. « Aristide se rend compte qu’il est fini. Même quand il a été dans l’environnement de Nelson Mandela, il est resté le petit Jean-Bertrand Aristide. Il est une déception pour tout le monde », a-t-il fulminé.

« La caque sent toujours le hareng. Il vivait sous le même toit que Nelson Mandela. S’il aimait le peuple haïtien, il n’aurait pas choisi un candidat muet. Personne ne va le suivre sur la route de la violence. Aristide se rend compte qu’il a échoué, il fait de la provocation et cherche son éviction de la course électorale… », c’est en ces termes que Jean-Henry Céant parle de son ancien ami.

Jovenel Moïse…

Le Nouvelliste n’a pas pu entrer en contact avec le candidat à la présidence du PHTK. Il est en campagne au Cap-Haïtien, inondé récemment. Selon un proche de Jovenel Moïse, « le candidat ne va pas perdre son temps à répondre à quelqu’un qui n’est même pas candidat… »

Nous sommes à jour J-10 des élections. le gouvernement indique qu’il met les bouchées doubles pour réparer les centres de vote endommagés par l’ouragan Matthew et promet que tout sera prêt avant le 13 novembre. Cette dernière sortie pour le moins fracassante de Jean-Bertrand Aristide a quand même la vertu de donner un peu de fièvre à la campagne électorale, selon plus d’un.

Robenson Geffrard source le nouvelliste

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