Dans le Sud, des écoles toujours occupées par des victimes de l’Ouragan

files-30A côté de la distribution de l’aide aux personnes sinistrées et la reconstruction des maisons détruites par l’ouragan Matthew, la réouverture des classes dans le Sud du pays reste une priorité. Dans la ville des Cayes comme dans les 17 autres communes du département du Sud, plusieurs écoles sont sévèrement endommagées, d’autres sont occupées par des gens qui y ont trouvé refuge pour échapper à la fureur de Matthew.

Le secteur éducatif se relève timidement dans quelques communes du département du Sud, durement touché par Matthew. Toutefois, les écoles nationales et les lycées transformés, au besoin, en abris provisoires pour accueillir des personnes qui fuyaient les rafales et les pluies diluviennes que l’ouragan traînait après lui sont occupés par des familles victimes ou sinistrées. Faisant de ces écoles occupées, jusqu’ici, une exception à la règle. Ces gens, qui sont dans l’attente de toutes sortes d’aides, conditionnent leur départ de ces écoles à l’effort de les reloger. Dans la cour de l’école nationale Dumarsais Estimé, élevant sa voix un peu plus haut et appuyé par les sans-abri, Junior, un jeune homme dans la vingtaine, a fait écho de cette demande. « Comme on l’a fait après le séisme [en 2010, qui a ravagé la capitale]  il faut qu’on nous donne de l’argent pour affermer une maison. Nos maisons sont détruites et nous ne pouvons pas dormir dans la rue », a-t-il balancé au milieu de ses pairs.

Cette école, située à l’entrée de la ville des Cayes, n’affiche plus l’aspect d’une cour de récréation à cause des flaques d’eau verdâtre et des détritus qui s’y trouvent. La barrière principale étant arrachée et bosselée, l’accès y est permis à tout individu. Après avoir franchi le seuil, on a observé un groupe de jeunes hommes qui fumaient de la marijuana sans se soucier des répercussions, à moins de deux mètres des enfants portant des haillons qui jouaient dans la cour. Chaque salle est transformée en chambre à tout faire pour les familles sur place. « On a l’impression que les responsables n’ont fait aucun cas de nous. Nous n’avons nulle part où aller. C’est à eux qu’il revient de nous reloger. Nos maisons sont détruites, nous ne pouvons pas y retourner dans ces conditions », a déclaré Linèse Noséa, qui vient de la localité de Renaud, à côté du pont la Ravine, assise sur un banc, l’un de ses trois enfants sur son bras.

Ces gens n’avaient pas l’air de vouloir vider les lieux au plus vite. Dès qu’un visage étranger se pointe, à l’affût d’aide, ils viennent à sa rencontre, exposent leur problème, vous parlent de leurs déboires. « Nous n’avons reçu aucune aide considérable depuis que nous occupons l’école. Nous crevons de faim et nos enfants sont malades », a confié Liliane Mondésir, une femme dans la cinquantaine, le visage fatigué.

Près d’un mois après, ils sont plusieurs centaines qui occupent encore ces lieux, jetant de l’ombre sur l’avenir des écoliers qui normalement doivent regagner leurs salles pour glaner le maximum de jours de classe pour cette année académique. Certains se demandent à quoi jouent ces gens qui prétendent tous avoir perdu leurs maisons.

Ricardo Lambert source Le Nouvelliste

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