Des éducateurs décorés par l’Ambassade de France en Haiti

files-12Ils s’engagent dans la réussite scolaire. Ce, depuis des décennies, pour certains. C’est le cas de Marc Sainvil qui, fraîchement diplômé de l’Ecole normale d’instituteurs en 1974,  intègre, sur concours, le Lycée Alexandre Dumas (LAD), communément appelé Lycée français. Ainsi, depuis plus de 40 ans, il enseigne dans le primaire au LAD. M. Sainvil est également professeur de « Français langue étrangère » à l’Institut français. Pour sa « fidélité aux institutions françaises de formation et pour sa participation à la construction d’un bilinguisme positif et au rayonnement de la francophonie », le professeur de carrière a été décoré au rang d’officier de l’Ordre des Palmes académiques.

Le cœur de Marie-José Dalencour bat aussi pour l’enseignement. Elle est présentée comme le symbole de l’amitié franco-haïtienne. La cause : elle est française de naissance, haïtienne d’adoption et de cœur depuis 37 ans. Depuis 22 ans, Madame Dalencour, verres sur le nez, enseigne la philosophie au Lycée Alexandre Dumas. Une philosophie « à la française ». Pour sa passion, sa contribution au développement de la francophonie, mais également à l’enseignement à la française de la philosophie, l’ambassadrice de la France en Haïti, au nom du ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, lui a remis les insignes de chevalier dans l’Ordres des Palmes académiques.

Contrairement à Madame Dalencour, ce sont les mathématiques qui tiennent Jean-Claude Neptune. N’empêche qu’il aime la France et les belles-lettres. Il a créé, en 1991, avec Guy Maximilien et Joëlle Benoit, le Collège Antillais, qui a formé plusieurs promotions, dont certains ont obtenu le baccalauréat français avec mention  ‘’très bien’’.  Le bâtiment de son école a été endommagé pendant le séisme du 12 janvier 2010. Jean-Claude Neptune a aussi perdu son fils Olivier dans la catastrophe.  Son nouvel établissement scolaire « Les Oliviers » est un hommage à son regretté fils. M. Neptune, qui a fait ses études de mathématiques au Québec, est honoré pour son engagement à la mise en place de la réforme de l’éducation en Haïti.

Honorée également, Kételène Edmé, ingénieur chimiste et microbiologiste de formation, est de ceux et celles qui croient que l’éducation est un facteur essentiel au développement tant espéré d’Haïti. Depuis plus de 30 ans, elle s’y investit, que ce soit avec les enfants ou au niveau de la formation des professeurs.

Kételène Edmé  a une passion pour la littérature et la chanson française. Fondatrice et directrice des Cours Privés Edmé, elle a même intégré les cours de littérature en chanson dans son école, qui ont permis à ses élèves de découvrir Brassens, Ferrat, Barbara, Moustaki, Piaf, Brel ou encore Pierre Bachelet, dont la chanson « Les corons » est devenue l’un des hymnes de l’établissement. « Aux Cours Privés Edmé, elle a réussi ce qui est si rare en Haïti : un brassage social entre  enfants de familles aisées et jeunes de milieux peu favorisés », a fait remarquer l’ambassadeur de la France.

L’autre femme honorée au cours de la soirée : Catherine Villedrouin Pelletier. Elle enseigne des disciplines variées : français, anglais, mathématiques, sciences, histoire-géographie dans des cycles d’études allant du primaire au secondaire. Madame Pelletier dirige l’école Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus, partenaire du LAD depuis 1996. Catherine a quitté Haïti pour la première fois en 1983  pour la France, sa terre natale. Une France qui, dit-on, l’habitait déjà au travers des récits de famille et des lectures de son enfance mais aussi de son scolarité par correspondance. C’est en 1989 qu’elle est rentrée en Haïti avant d’intégrer l’école Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus, fondée, 56 ans plus tôt, par sa grand-mère. Ce qui touche l’ambassadeur de la France, c’est le fait qu’après le tremblement de terre, Catherine Villedrouin Pelletier, laissant mari et enfants au Canada, est restée en Haïti pour entreprendre, sur ses fonds propres, la reconstruction de l’école durement touchée. Pour son action, en toute humilité, Catherine Villedrouin Pelletier a reçu les insignes de chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques.

Il ne fait pas forcément de l’enseignement sa passion mais il s’est engagé « sans faille » à la promotion du français et de l’enseignement à la française. Pendant trois ans, Sylvain Ngamy, dernière personnalité à être distinguée au cours de la soirée, s’était totalement investi au sein de l’Alliance française au Cap-Haïtien. M. Ngamy  est vice-président de l’Association des parents d’élèves du LAD.

Pour l’ambassadeur de la France en Haïti, « ces décorations revêtent une double signification : elles s’adressent à des artisans de la relation franco- haïtienne qui œuvrent au sein du Lycée A. Dumas et à la tête des établissements partenaires de celui-ci ». Ces décorations, dit-elle, mettent à l’honneur aujourd’hui des militants de la cause de l’enseignement en Haïti, première priorité des familles qui s’y consacrent. « C’est un hommage plus large que je souhaite rendre à tous ceux et celles, responsables, professeurs, équipes pédagogiques et communautés scolaires, qui se dédient au service de la formation des jeunes de ce pays », a déclaré la diplomate en sa résidence privée à Bourdon, devant un parterre d’invités.

Discrète de nature, Kételène Edmé ne s’y attendait pas. « Je ne pensais pas que mon travail, malgré la discrétion, était si observé », a-t-elle indiqué au Nouvelliste après la cérémonie. Pour l’éducatrice, l’enseignement est un sacerdoce. « La seule récompense, c’est la transformation de l’enfant », convient-elle.

Valéry Daudier source le nouvelliste

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