Election 2016: La lutte pour la survie préoccupe davantage l’électorat

files-14Refroidissement de la campagne électorale en Haïti

Les dégâts, provoqués par l’ouragan Matthew, ainsi que les récentes inondations, survenues notamment dans le département du Nord, ont refroidi la campagne électorale, à 9 jours de la réalisation des scrutins du 20 novembre 2016, observe AlterPresse.

L’opinion publique attend de voir dans quelle mesure les réparations des structures électorales, détruites ou endommagées lors du passage du cyclone Matthex, seront vraiement terminées le dimanche 13 novembre 2016, à 7 jours des scrutins, comme l’a promis la présidence provisoire.

Mais, d’aucuns craignent un niveau élevé de démobilisation, voire d’abstention massive aux scrutins du 20 novembre 2016.

Globalement, la population semble éprouver du désintérêt vis-à-vis de ces élections, vu les réalités dramatiques (fragilité environnementale, hausse généralisée du coût de la vie, décote accélérée de la gourde par rapport au dollar méricain, absence de perspectives claires, etc.), auxquelles elle fait face, en cette fin d’année 2016.

Comment les diverses couches de la population vivront la période de fin d’année 2016 ?

Même les stations de radio hésitent à diffuser des chansons de Noël (généralement en rotation dès la mi-octobre, dans d’autres moments moins incertains et moins tumultueux), tant le contexte actuel paraît ne guère s’y prêter.

Les élections ne seraient pas la priorité de beaucoup d’électrices et d’électeurs.

Les transformations des conditions socioéconomiques objectives ne pourraient pas être effectives, en Haïti, avec la tournure prise par les élections à venir.

Par contre, des voix soulignent la nécessité d’en finir avec le processus électoral, qui dure trop en longueur, à leurs yeux.

A quel prix se lancer, têtes baissées, dans ces élections du 20 novembre 2016, qui pourraient reproduire d’anciennes crises ou engendrer de nouvelles catastrophes ?, s’interrogent beaucoup.

Quoi qu’il en soit, sont bien présentes les offres électorales, les unes plus obscures que les autres, de candidates et candidats, de marionettes politiques et d’autres politiciens assoiffés de pouvoir, au détriment des intérêts collectifs, sans véritable programme de développement, sans aucune considération de la situation environnementale générale ni de l’urgence d’actions pertinentes, partout, en aménagement du territoire.

Sur la scène politique… à la veille des scrutins annoncés

En dépit de la réouverture, le jeudi 3 novembre 2016 (au lieu du 7 novembre, date avancée par le Conseil électoral provisoire en vue de susciter plus d’enthousiasme chez l’électorat), de la campagne électorale, qui prendra fin le vendredi 18 novembre 2016, seuls deux candidats à la présidence se sont rendus au Cap-Haïtien (Nord), indique un correspondant.

La campagne électorale a repris très timidement à Jacmel (Sud-Est).

Aucun candidat n’est encore venu courtiser les électrices et électeurs dans la Grande Anse (une partie du Sud-Ouest), où des victimes déplacées ont été évacuées dans quelques abris provisoires à Jérémie.

Les sinistrés, notamment dans les départements de la Grande Anse et du Nord, seraient plutôt préoccupés par leur survie que par les élections du 20 novembre 2016, selon les témoignages recueillis.

546 morts, 128 disparus et 439 blessés ont été enregistrés, lors du passage de l’ouragan Matthew (les lundi 3 et mardi 4 octobre 2016), selon un bilan officiel.

De plus, les récentes pluies diluviennes, qui se sont abattues sur le Nord, ont fait 13 morts, tandis que 2 mille 780 déplacées se trouvent encore dans 12 abris provisoires, depuis le samedi 5 novembre 2016.

Des dégâts matériels font état de 102 maisons détruites, 4,138 endommagées et 10,088 inondées dans le Nord.

Sur la question du manque d’intérêt de la population pour les élections, un des porte-parole de la plateforme Pitit Desalin, Mathias Pierre, indexe la présidence provisoire et le Conseil électoral provisoire (Cep) qui, selon lui, n’auraient pas suffisamment réalisé des campagnes de sensibilisation pour encourager les électrices et électeurs à aller voter.

Pitit Desalin attend le rapport, annoncé par le président provisoire Jocelerme Privert, sur l’évolution du processus électoral, surtout les réparations des structures électorales, confiées à trois institutions publiques.

La plateforme Pitit Desalin, qui exige le respect de la date du 20 novembre 2016, prévoit un grand mouvement de mobilisation électorale pour ce vendredi 11 novembre 2016, à Pétionville.

Elle lance une mise en garde au Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (Unops), dont les agissements, lors des élections controversées de 2015 ont laissé un mauvais souvenir.

Le focus doit être mis sur le 20 novembre 2016, date retenue pour l’organisation des scrutins qui n’ont pas pu avoir lieu le 9 octobre 2016 (en raison des conséquences du cyclone Matthew), souhaite, pour sa part, Guichard Doré, conseiller stratégique du Parti haïtien tèt kale (Phtk).

Doré déclare condamner les propos violents de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, qui a appelé ses partisans au dechoukaj électoral et à « la légitime défense » (une forme d’attaque violente), au cas où la candidate du parti Fanmi Lavalas, Maryse Narcisse, ne remporterait pas la présidentielle du 20 novembre 2016.

« Ce ne sont que des propos visant à intimider les autres protagonistes politiques », dénonce le Phtk.

Maryse Narcisse était invitée, dans l’après-midi du vendredi 11 novembre 2016, à s’expliquer, au siège social (à Pétionville) du Cep, sur les propos d’incitation à la violence de Jean Bertrand Aristide, qui, comme à son habitude, depuis avant 1990 – 1991, « parle par paraboles », prétend être la conscience d’Haïti, pour tenter d’attirer ses partisans et créer des événements, sous prétexte que Fanmi Lavalas dispose de « la majorité » de sympathisantes et sympathisants (de quelle majorité s’agit-il ? comment un courant politique peut-il prétendre représenter, à lui seul, les aspirations de l’ensemble de la population ?).

A l’occasion, des tenants de Fanmi Lavalas ont même osé avancer que le peuple (n’y a-t-il pas plus de 10 millions d’habitantes et d’habitans en Haïti) aurait accompagné la candidate à la présidence du parti à l’invitation du Cep…

Alter Presse

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