Jean-Bertrand Aristide accompagne Maryse Narcisse devant le CEP

files-8La candidate à la présidence de Fanmi Lavalas, Maryse Narcisse, a répondu à la convocation du CEP vendredi dans l’après-midi. Elle était accompagnée du représentant national du parti, Jean-Bertrand Aristide, de quelques cadres du parti, et a reçu le support de quelques milliers de sympathisants chauffés à blanc.

La candidate de Fanmi Lavalas a été convoquée par le CEP pour faire la lumière sur certaines déclarations faites au cours de sa campagne, notamment au Village la Renaissance. Elle a répondu à cette convocation. Durant plus de deux heures, Maryse Narcisse, accompagnée entre autres de Jean-Bertrand Aristide, de Me Gervais Charles et d’Yvon Feuillé, a échangé avec des conseillers électoraux au local du CEP, à Pétion-Ville. Des échanges que l’ancien président Aristide qualifie de « très bon dialogue ».

« Nous les remercions (les membres du CEP) pour ce bel accueil. Et nous félicitons tous nos sympathisants venus un peu partout à travers le pays pour nous accompagner. Le 6 novembre, nous, comme le représentant de la majorité, avons été fermes. Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus fermes. Car, démocratiquement, nous sommes plus prêts du 20 novembre où devront se tenir des élections libres, honnêtes et démocratiques. Le rendez-vous est fixé au 7 février 2017. Lavalas, c’est l’union fait la force », a dit l’ancien président Aristide, avant de partir sans répondre aux questions des journalistes. Une rengaine.

Avant lui, en 25 secondes, Maryse Narcisse a salué la solidarité des supporteurs qu’elle convoque aux urnes le 20 novembre prochain. « Félicitations au peuple haïtien qui a accompagné le père et la mère (NDLR : Jean-Bertrand Aristide et Maryse Narcisse) devant le CEP. Merci à vous tous. Le rendez-vous est fixé au 20 novembre et au 7 février au Palais national », a-t-elle rappelé.

Quelques milliers de sympathisants ont manifesté leur soutien à la candidate de Fanmi Lavalas devant les locaux de l’organisme électoral. Ils s’en sont pris à la démarche du CEP convoquant leur candidate pour venir s’expliquer sur les propos tenus par l’ex-président Jean-Bertrand Aristide. En effet, lors d’un rassemblement, l’ancien prêtre avait brandi la menace de « dechoukaj » si des élections démocratiques ne se réalisent pas dans le pays. « Elections libres ou dechoukaj », avait-il lancé à des sympathisants, avant de nuancer que ce « dechoukaj » n’a rien à voir avec la violence. Il s’agit, de préférence, de la légitime défense, avait-t-il expliqué.

Très remonté, l’ancien sénateur Yvon Feuillé a répertorié d’autres faits qui ont eu lieu dans les rassemblements des autres candidats. Cependant, souligne-t-il, ceux-ci n’ont pas retenu l’attention des conseillers. « Le cortège de Fanmi Lavalas a essuyé des jets de pierres à Trou-du-Nord lancés par des partisans du PHTK, un candidat a promis de faire la révolution s’il n’est pas élu, un autre diffuse la chanson « Grenadye alaso sa ki mouri zafè a yo » de Michel Martelly , et le CEP reste jusque-là insensible, mais s’acharne contre le parti Fanmi Lavalas », a-t-il dénoncé, qualifiant la convocation du CEP de « chimérique ».

Le sénateur Jean-Baptiste Bien-Aimé qualifie la convocation de Maryse Narcisse d’intimidation. « Ils sont paniqués à l’idée que le parti Lavalas remporte la présidentielle », a-t-il déclaré, pointant du doigt le président du CEP. Selon lui, Léopold Berlanger est l’un des idéologues des actes de répression (dechoukaj) contre des sympathisants de Lavalas. « Ils sont paniqués et font une mésinterprétation des propos de Jean-Bertrand Aristide. Lavalas di nan bon kreyòl li pral dechouke grangou, lamizè, chomaj, ensekirite, elatriye (Le parti Lavalas va s’attaquer à la faim, au chômage, à l’insécurité, etc.) », a-t-il expliqué.

Le CEP avait convoqué Maryse Narcisse pour s’expliquer sur les déclarations de Jean-Bertrand Aristide qui était en campagne dimanche à ses côtés au Village de la Renaissance. «Élections libres ou +”dechoukay”+, élections libres ou dechoukay, élections libres ou +”dechoukay”+», avait lancé Jean-Bertrand Aristide. « Ce “dechoukay” n’est pas de la violence, c’est de la légitime défense électorale », avait précisé l’ancien prêtre de l’église catholique, écarté du pouvoir en 2004. Il a assimilé l’exclusion de son parti des élections depuis cette date à une «forme de violence». « Quand, pendant ces cinq dernières années, le gouvernement Tèt Kale a refusé d’organiser les élections parce qu’il savait que Fanmi Lavalas allait gagner, c’est de la violence qu’on a exercée sur nous», avait-il lâché aux côtés de sa protégée. Pour Jean-Betrand Aristide, il s’agit là de «douze ans de violence». «Après douze ans, maintenant, c’en est assez! C’est de la légitime défense électorale qui doit être faite», avait-il soutenu.

Jean Daniel Sénat source le nouvelliste

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