Jean-Marie Guillaume, pour un secteur des télécommunications mieux ordonné

Le directeur du Conseil national des télécommunications (Conatel), Jean-Marie Guillaume, souhaite que le Parlement se penche sur le vote de la nouvelle loi portant sur la régulation du secteur. Selon lui, cela permettra, entre autres, de renforcer la capacité du régulateur qui a déjà prélevé environ 41 millions de dollars de taxes sur les appels internationaux pour le “Fonds national d’éducation” mis sur pied par le président Michel Martelly.

Pour mieux gérer le secteur des télécommunications, Jean-Marie Guillaume, qui dirige le Conatel depuis quinze mois, estime qu’une nouvelle loi est très importante. Un projet de loi à cet effet a donc été acheminé au Sénat de la République depuis le 18 décembre 2012, a confié le directeur du Conatel. « La loi que nous avons actuellement est désuète. A l’époque, il n’y avait pas de compétition sur le marché. Il y a beaucoup de mesures que le régulateur pourrait prendre, mais la loi ne le lui permet pas », explique le directeur du Conatel dans un entretien avec Le Nouvelliste. En ce qui a trait au contenu des médias audiovisuels qui ne cesse de susciter des débats dans l’opinion publique, le Conatel ne peut pas prendre des décisions là-dessus. Mais le directeur de l’institution se montre conscient de cet aspect qui mérite d’être ordonné.« Nous allons travailler sur ce domaine avec le ministère de la Culture. Nous allons devoir créer un organisme pour gérer la question de contenu du programme des médias. Mais, en réalité, le CONATEL n’est pas vraiment concerné par cette question », a indiqué Jean-Marie Guillaume. Il estime qu’il est important que le Conatel travaille en partenariat avec d’autres ministères sur cet aspect. L’un des chantiers importants que le Conatel doit gérer actuellement, c’est la transition de la télévision analogique à la télévision digitale. A en croire le directeur, d’ici mai 2015, la télévision en Haïti devrait passer complètement en mode digital. Autre chantier du numéro un de l’institution régulatrice des télécommunications:comment aider les collectivités à se développer technologiquement. Si les parlementaires votent la nouvelle loi, les différents opérateurs auront à contribuer à 2% dans le « fonds de service universel ». « Cet argent permettra de développer la technologie dans les zones reculées. Nous n’avons jamais développé le fonds de service universel. Il permet de subventionner le développement technologique », a expliqué Jean-Marie Guillaume, qui évalue à environ 500 millions de dollars le marché des télécommunications en Haïti. Il se réjouit aujourd’hui d’avoir lutté contre le by-pass et se félicite aussi des résultats obtenus. « Il y a une nette amélioration à ce niveau », soutient M. Guillaume, qui veut un secteur beaucoup plus ordonné avec le respect des normes sur le droit à l’image, le tarif des appels téléphoniques, l’obtention de la licence pour la radio, entre autres. « Je dois surveiller l’équilibre du marché dans le secteur », dit-il. Concernant les difficultés liées à la communication téléphonique ces dernières semaines, dues notamment avec la fusion des compagnies Digicel et Voilà, le directeur du Conatel a déclaré que des mesures seront prises à l’encontre des opérateurs au cas où une telle situation se produirait à nouveau. Par ailleurs, Jean-Marie Guillaume, qui a été questionné sur différents points, a confié qu’environ 41 millions de dollars ont été déjà prélevés sur les appels internationaux pour le Fonds national d’éducation, mis sur pied par le président Michel Martelly. « Il y en a qui affirment que le Conatel est riche, nous précisons pour dire que l’argent est transféré au ministère des Finances. L’argent est bien géré et il est utilisé dans des programmes d’éducation », a précisé Jean-Marie Guillaume.
Valéry Daudier
Credit: Le Nouvelliste

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