Le CEP convoque Maryse Narcisse sur les déclarations de violence de Jean-Bertrand Aristide

files-17La candidate à la présidence du parti Fanmi Lavalas est convoquée par le Conseil électoral provisoire. Maryse Narcisse devra s’expliquer sur certaines  déclarations faites dans le cadre de sa campagne électorale. « Conformément aux dispositions du chapitre VIII du décret électoral, traitant de la campagne électorale, le Conseil électoral provisoire (CEP) vous invite à vous présenter en son local à Pétion-ville, 72 rue Stéphen Archer, à la date du 11 novembre, à 3 heures pm, en vue de faire la lumière sur certaines déclarations faites au cours de votre campagne électorale durant ces derniers jours, notamment au Village de la Renaissance», précise une correspondance envoyée par le président du Conseil électoral provisoire à la candidate du parti le 9 novembre.

Ce  communiqué intervient peu de temps après que le président du conseil électoral provisoire avait annoncé des «suivis» par rapport à des comportements de violence constatés dans le cadre de la campagne électorale. Des comportements que Léopold Berlanger a d’ailleurs condamnés.  « La  campagne électorale ne devait pas servir de prétexte pour des violences verbales ou physiques ni pour aucune forme d’agression.  Personne ne doit utiliser la violence, la peur et l’intimidation contre ses compétiteurs, les électeurs ou les membres du CEP», avait-il indiqué.

Même s’il n’avait  pas cité de nom, le président du Conseil électoral faisait référence aux dernières déclarations de Jean-Bertrand Aristide qui était en campagne dimanche aux côtés de Maryse Narcisse au Village de la Renaissance.  «Élections libres ou  +”dechoukay”+, élections libres ou dechoukay, élections libres ou +”dechoukay”+», avait lancé ce dernier. « Ce “dechoukay” n’est pas de la violence, c’est de la légitime défense électorale », avait précisé l’ancien prêtre de l’église catholique, écarté du pouvoir en 2004.  Il a assimilé l’exclusion de son parti des élections depuis cette date à une «forme de violence». « Quand, pendant ces cinq dernières années, le gouvernement Tèt Kale a refusé d’organiser les élections parce qu’il savait que Fanmi Lavalas allait gagner, c’est de la violence qu’on a exercée sur nous», avait-il lâché aux côtés de sa protégée. Pour Jean-Betrand Aristide, il s’agit là de «douze ans de violence». «Après douze ans, maintenant, c’en est assez! C’est de la légitime défense électorale qui doit être faite», avait-il soutenu.

Lors de sa participation jeudi matin à l’émission Panel Magik sur Magik 9, Joël Vorbe a tenté par tous les moyens de justifier les déclarations du leader de Fanmi Lavalas. « Le discours a créé tout ce buzz et ce malaise parce que certaines personnes tentent de lui donner leur interprétation ou connotation», a avancé Joël Vorbe dit Pacha Vorbe, qui voit dans cet exercice toute la beauté de la langue créole. Il explique que le message de Jean-Bertrand Aristide, qui a sa façon de communiquer avec la population, était pourtant «claire» et «directe». « Si le président provisoire n’est pas capable de garantir la bonne marche des institutions pour que le Conseil électoral puisse organiser des élections libres, honnêtes et démocratiques, il doit partir», maintient Pacha Vorbe. Il dénonce un manque d’effort de la part des autorités dans la tenue des élections pour qu’un président élu puisse entrer en fonction le 7 février, sous prétexte du calendrier électoral. Exigeant le respect de cette date constitutionnelle, il croit qu’une petite modification d’une semaine dans ce document permettrait d’être dans le temps pour le 7 février.

Le responsable de Fanmi Lavalas a aussi inscrit les déclarations de Jean-Bertrand Aristide dans le cadre d’une bataille électorale ou chaque acteur cherche à prendre l’avantage sur ses concurrents. « Nous sommes dans un combat électoral, ce n’est pas un jeu d’enfant », a-t-il dit avant de s’excuser sur « certains mots qui déplaisent». Comme des joueurs de deux équipes adverses qui se saluent après un match de football, il promet que son parti fera à nouveau l’unité. Mais, pour l’instant, Pacha Vorbe veut que cela reste sur le terrain politique.

Danio Darius Source le nouvelliste

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