Le clash entre Jean Marie Salomon et Évalière Beauplan

Le sénateur du Sud, Jean Marie Salomon, n’a pas digéré l’initiative de ses collègues du groupe majoritaire qui ont boycotté la séance d’interpellation du ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, François Anick Joseph, mercredi. Très remonté, l’élu du Sud accuse certains membres du groupe majoritaire qui auraient reçu trois millions de gourdes pour faire avorter la séance. Il y a eu bien avant la séance une rencontre entre le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales et quelques sénateurs, a-t-il fait savoir, sûr de lui-même.

Sur Magik 9, au lendemain de l’avortement de la séance, le sénateur persiste et signe. « C’est juste une affirmation», a-t-il déclaré.  Sans vouloir révéler l’identité des sénateurs qui ont participé à cette rencontre, le parlementaire se contente de dire. « Batèm fèt anba tè, chen konnen l. Rien n’est secret en politique, surtout en Haïti», dénonçant ce qu’il appelle « l’irresponsabilité» et le « cynisme» de ses collègues. «C’est un scandale et une honte pour la nation», a-t-il aussi declaré.

Le sénateur Évalière Beauplan rejette d’un revers de main les accusations de Jean Marie Salomon. « Le sénateur Jean Marie Salomon, ni n’importe quel autre sénateur, n’oserait pas s’adresser à moi  en ces termes », rétorque le sénateur du Nord-Ouest. Pensez- vous qu’un sénateur va exiger trois millions de gourdes pour boycotter une séance d’interpellation d’un ministre ?, se demande Évalière Beauplan, signalant qu’on ne peut pas tout réduire à l’argent. Il rappelle que François Anick Joseph est un ancien  sénateur de la République qui faisait partie du groupe majoritaire. « C’est normal qu’il bénéficie de la solidarité de ses anciens collègues», explique le parlementaire qui est accusé par Jean Marie Salomon d’avoir personnellement réclamé cinq millions de gourdes pour faire avorter la séance.

« C’est grave! On était en train de plaisanter entre collègues sénateurs.»

Évalière Beauplan s’en prend sévèrement au sénateur du Sud qui, dit-il,  n’arrive pas à faire la décantation entre une plaisanterie et une déclaration sérieuse. « Mes deals, je les fais publiquement », a lancé le sénateur du Nord-Ouest qui, lors de la séance de ratification de l’ex-Premier ministre Michèle D. Pierre-Louis en 2008, avait clairement déclaré qu’il lui donnerait son vote moyennant qu’elle s’engage à construire le pont sur les Trois-Rivières dans le département du Nord-Ouest. Évalière Beauplan critique son collègue qui, selon lui, « rabaisse le niveau du Sénat », dont il ne «connaît rien ni ne maîtrise le mode de fonctionnement». « C’est un petit homme », a continué Évalière Beauplan, qui ne décolère pas.

Evalière Beauplant souligne qu’il était en visite dans son département, touché par le passage de l’ouragan Matthew. Bloqué, il ne pouvait pas revenir à temps pour la séance. Il indique avoir eu une conversation téléphonique avec Youri Latortue, l’un des chefs de file du groupe minoritaire. « On s’est entendu que le sénateur Nènèl Cassy, par délégation de pouvoir, voterait pour moi», raconte le sénateur Lavalas.

Un sénateur influent du groupe minoritaire, qui a voulu requis l’anonymat, a confirmé qu’Évalière Beauplan était en train de plaisanter avec environ neuf autres parlementaires lorsqu’il avait évoqué la question des cinq millions de gourdes.

Au Parlement ce jeudi, le sénateur Jean-Baptiste Bien-Aimé a également rejeté les accusations de son collègue. Le sénateur qui affirme avoir toujours refusé les offres de l’ancien président Michel Martelly contre lequel il s’est battu pense que son collègue s’est laissé utiliser par un petit groupe qui, dit-il, ne représente que 2% de la société dans l’objectif de détruire les «gens les plus honnêtes». Selon Jean-Baptiste Bien-Aimé, le ministère de l’Intérieur fait partie d’une liste de quatre ministères dont l’équipe Tèt Kale voulait renvoyer les titulaires avant de citer le ministère de la Justice et de la sécurité publique, le ministère de l’Economie et des Finances et le ministère des Affaires étrangères. « Cette équipe voulait prendre le contrôle de ces quatre ministères. Ils trouvent une opportunité et en profitent pour attaquer Anick», avance Jean-Baptiste Bien-Aimé, qui dénonce une bataille rangée contre son ancien collègue.

Danio Darius Source Le nouvelliste

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