Le CSPJ en fonction, la justice pas encore indépendante pour autant

Les neuf membres du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) sont entrés en fonction mardi lors d’une cérémonie présidée par le chef de l’Etat, Michel Martelly, et marquée par des irrégularités ayant suscité certaines contestations qui ont quelque peu terni l’éclat de l’événement censé être un tournant dans la quête d’indépendance de la justice haïtienne.

Qualifiant la cérémonie de « moment historique », M. Martelly a insisté sur le fait que c’était la première fois, en un peu plus de deux cents ans d’indépendance, que le pays était enfin doté d’un organe symbolisant la matérialisation du principe de la séparation des pouvoirs. Il a toutefois reconnu que beaucoup d’efforts devaient être consentis pour parvenir à la mise en place d’un véritable pouvoir judiciaire libre de toute influence externe.

Des considérations qui valent aussi pour l’application de la politique judiciaire de l’Etat et la définition des critères de recrutement des juges, a estimé le dirigeant haïtien en se félicitant toutefois des progrès réalisés par son régime dans le cadre du renforcement de l’Etat de droit.

Martelly, qui a reçu le serment constitutionnel des membres du CSPJ, en présence des représentants des corps constitués de l’Etat, de la société civile et du corps diplomatique, a apposé sur place sa signature au bas de l’arrêté de nomination des nouveaux juges dont la promulgation sera donc postérieure à leur investiture.

Ce qui a porté les présidents de la fédération des barreaux d’Haïti et de l’association nationale des magistrats haïtiens (ANAMAH), respectivement Me Carlos Hercule et le juge Durin Duret Junior, à réclamer l’organisation d’une autre cérémonie d’installation en bonne et due forme. Tout en saluant la naissance désormais effective du CSPJ, les deux hommes de loi ont fait remarquer que le Premier ministre et les membres du cabinet ministériel n’ont pas paraphé l’arrêté présidentiel qui devait aussi paraître dans le journal officiel Le Moniteur.

S’exprimant au nom de ses pairs, Me Anel Alexis Joseph, le président de la Cour de cassation devenu aussi tout naturellement celui du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, a énuméré les missions et servitudes de l’institution en mettant l’accent sur la nécessité de transformer le système judiciaire et de le rendre crédible aux yeux des justiciables.

Parmi les autres personnalités présentes à la cérémonie et convaincues, à des degrés divers, qu’un pas important a été franchi dans l’instauration d’une justice indépendante fondée sur l’équité, citons le chef de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), Mariano Fernàndez, l’ambassadeur sortant des Etats-Unis, Kenneth Merten, l’ex-Sénateur Youri Latortue, aujourd’hui conseiller spécial du chef de l’Etat, le Député de Léogâne (ouest), Danton Léger, et le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance.

L’autonomie financière semble être l’un des premiers obstacles à surmonter pour l’organe chargé de l’administration du système judiciaire haïtien. spp/Radio Kiskeya

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