Le problème de l’aide d’urgence dans la Grande Anse

files-42Les sinistrés du département de la Grande Anse (une partie du Sud-Ouest d’Haïti) expriment leurs préoccupations, par rapport au mode de distribution de l’aide d’urgence, trois semaines après le passage de l’ouragan Matthew (les lundi 3 et mardi 4 octobre 2016).

Un grand nombre de sinistrés n’auraient pas accès à l’aide, distribuée dans le département de la Grande Anse, selon les témoignages recueillis par AlterPresse.

« Pour combien de temps faudrait-il attendre l’aide ? Combien de temps va-t-il nous falloir pour récupérer convenablement » ?, s’interroge un sexagénaire à Jérémie.

« Si les autorités ne font rien dans l’immédiat, des gens vont mourir, sous peu, dans les villes de province », prévient un ancien membre de l’Assemblée de la section communale (Asec) de Jérémie.

Cet ancien membre d’Asec appelle le gouvernement à intervenir rapidement, notamment dans les villes de province, où les habitantes et habitants sont dans le besoin.

Le cyclone Matthew a presque tout emporté sur son passage, particulièrement les cocotiers, dont certains – plantés aux abords de la rivière de Jérémie – sont devenus comme desséchés.

« A Bonbon, il ne reste que des pierres et de l’eau. Pourtant, l’eau n’est pas potable. À la moindre variation de température, la population est paniquée, parce qu’elle n’a même pas de bâches pour parer aux pluies », fait savoir l’ancien membre d’Asec.

Tout affamés, certains vont jusqu’à se loger dans des grottes. Des parents et leurs enfants ont passé plus de cinq jours, dans une maison, sans rien consommer, poursuit-il.

« Le vent a emporté tout ce que nous avions. Personne ne nous accompagne. Nous sommes livrés à nous-mêmes », se plaint une jeune femme sinistrée, qui dénonce la mauvaise distribution de l’aide humanitaire dans le département de la Grande Anse.

Dans la municipalité d’Abricots, aucune organisation n’est passée apporter de l’aide aux gens, qui meurent de faim, alors que leurs plantations et leurs maisons sont détruites et leurs animaux emportés par l’ouragan, rapporte-t-elle.

« En essayant de prendre refuge, des feuilles de tôles ont failli nous trancher la tête », se souvient-elle.

« Il y a des gens qui vivent dans des tombes. (…) Nous sommes dans un état misérable… C’est du jamais vu », regrette cette jeune femme, qui estime que le pays n’était pas préparé à faire face à ces genres de catastrophe.

« D’autres habitantes et habitants ont pu trouver refuge dans une école nationale. Jusqu’à maintenant, personne n’est passée dans la zone pour leur offrir le pain quotidien », se lamente un habitant d’une des communes de la Grande Anse, campé devant les ruines de sa maison.

Alter Presse

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