Marc Antoine Acra devant la cour d’appel de Port-au-Prince.

L’entrepreneur Marc Antoine Acra s’est présenté le jeudi 8 février à la cour d’appel en vue de répondre aux questions relatives à la cargaison de sucre de la Nabatco qui avait défrayé la chronique en avril 2015. Agé de 45 ans, M. Acra semble avoir été lucide dans ses réponses aux questions des juges et des représentants du parquet de ladite cour.

Interrogé sur l’embarquement et le débarquement en Haïti des marchandises qu’il avait commandées, M. Acra a expliqué qu’il n’était pas en Haïti, mais plutôt aux États-Unis d’Amérique, particulièrement à Boston où il suivait un cours de leadership à l’Institut de technologie (Massachussetts). «J’ai été informé par un des directeurs de la Nabatco, la compagnie qui assure l’importation de sucre. C’est cette même personne qui m’a appris qu’on avait trouvé de la drogue sur le bateau». L’appelant dit avoir demandé à celui qui l’avait informé de collaborer avec les instances concernées.

Il a en outre expliqué à la cour le processus d’embarquement et de débarquement. Les précisions apportées au moment de l’interrogatoire ont permis aux juges de mieux comprendre la nature des opérations maritimes de transport.

En présence d’une batterie d’avocats composée de Jean Saint Nogène Avillon, Frantz G. Nerette, Camille Fièvre, Fabrice Fièvre, l’entrepreneur dit être surpris que ce sont les marins ainsi que le capitaine du navire qui aient été libérés, alors que techniquement ils sont responsables de la gestion nautique et de toutes les marchandises qui se trouvent à bord du bateau.

Citant un rapport de la Brigade de lutte contre le trafic des stupéfiants (BLTS), M. Acra a déclaré que la drogue n’a pas été trouvée dans des sacs de sucre, mais bien sous les escaliers du bateau.

Dans ce même dossier, Fedner Dolisca, accompagné de son avocat, Me Gérald Gay, a été lui aussi interrogé. Il est foreman général du bateau. Dans ses réponses, celui-ci a précisé de manière claire qu’il était monté à bord du bateau après que les inspecteurs de BLTS avaient fini d’inspecter le bateau de fond en comble. Ce sont eux qui m’avaient invité à monter à bord, précise Fedner Dolisca.

« J’ai reçu une invitation des agents du BLTS. Je me suis présenté au bureau. J’ai été interrogé, puis retenu. Ma voiture a été confisquée. Et ma maison perquisitionnée. On n’y avait rien trouvé. Quelques jours plus tard, mon dossier a été transféré au parquet puis déféré au cabinet d’instruction pour une enquête approfondie», a déclaré Fedner Dolisca.

Au cabinet d’instruction, il a nié toute implication dans le dossier, déclaré n’avoir importé aucune marchandise; comment pouvais-je introduire de la drogue à l’intérieur des sacs de sucre?, ajoute-t-il. De plus, j’étais monté dans le bateau après que des agents de BLTS et des inspecteurs de la douane m’avaient invité à procéder au débarquement des marchandises, a-t-il expliqué aux magistrats de la cour d’appel de Port-au-Prince.

Rappelons que Marc Antoine Acra et Fedner Dolisca ont interjeté appel de l’ordonnance du juge d’instruction les renvoyant par devant le tribunal criminel siégeant sans assistance de jury en raison de leur implication présumée dans le dossier de la drogue pour y être jugés.

Marc Antoine est toujours libre. Il peut vaquer à ses obligations. Tandis que Fedner Dolisca croupit derrière les barreaux depuis plus de deux ans.

Me Gérald Gay, son avocat, a sollicité une mainlevée en sa faveur, conformément à l’article 80 du Code d’instruction criminelle. Ladite requête a été rejetée d’un revers de main par la cour qui a jugé celle-ci inopportune.

Soulignons qu’en avril 2015 un bateau affrété par Greenwich Shipping pour le transport du sucre de la Nabatco s’est accosté au quai du terminal Varreux avec à son bord une cargaison de sucre. Ce bateau a été inspecté par les agents de la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS).

L’inspection une fois terminée, les débardeurs ont été autorisés à débarquer les marchandises. À leur grande stupéfaction, ils ont appris par le truchement des agents du BLTS que le chargement contenait de la drogue. On avait requis un juge de paix pour dresser le procès-verbal de constat.

La question que l’on se pose : Pourquoi les autres ont été libérés, alors qu’ils auraient dû être là pour éclairer la lanterne des magistrats de la cour ?

L’audience est mise en continuation au jeudi 22 février 2018

Composition

Jean Joseph Lebrun (président), Maguy Florestal, Dufresne Guillaume (juges) ; Carvès Jean et Fritz Gérald Chéry (ministère public) ; Philippe Mario Milorme (greffier) et Reynald Dabrésil (huissier)

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