Violence : la responsabilité et les causes(1)

Il s’est produit un incident regrettable inacceptable, il faut en convenir au Parc Julia Vilbon de Dufort, à Léogâne, lors du match Cavaly-Tempête comptant pour la onzième journée du championnat national de première division, le dimanche 27 mai 2012. A la fin des temps réglementaires, le Cavaly menait par un but à zéro. Le quatrième arbitre signala à l’arbitre principal qu’il restait une minute de temps additionnel. Ce dernier passa outre. On était déjà à quatre minutes et quelques secondes de temps additionnel lorsque Kimberly François, blessé, resta au sol. Le gardien du Cavaly tenta de dégager le ballon en touche pour permettre de le soigner. Charles Hérold Junior du Tempête intercepta le ballon de la main et le renvoya dans le champ du jeu, geste non sanctionné. L’action qui s’en suivit conduisit à un but d’Eliphene Cadet. Quelques uns des centaines des partisans mécontents du Cavaly envahirent le terrain et frappèrent l’arbitre avant qu’il ne peut siffler la fin du match malgré la présence des 6 policiers et des 10 agents de sécurité de terrain placé par le club hôte. Sinon, qui sait, cela aurait pu être pire. Regardons les causes immédiates et les conditions excitantes ayant favorisé ce déchainement de violence. 1-L’absence de grillage de sécurité autour du terrain de jeu. 2-Les erreurs d’arbitrage cumulées au cours de la rencontre 3-Les frustrations et la grogne larvées des fans du Cavaly. 4-Le système de sécurité insuffisant mis en place lors du match En dépit des carences connues du corps arbitral haïtien et des erreurs flagrantes de nos arbitres qui en arrivent a constituer même des incitations à la violence, il nous faut reconnaitre que si ce match avait eu lieu sur un terrain ceint d’un grillage de sécurité, un Parc Gérard Christophe réhabilité par exemple, cette foule en colère aurait pu être plus facilement contrôlée A présent que les causes immédiates en sont connues, regardons plus loin pour tenter d’identifier les causes profondes de cette violence. Autrement dit les vrais responsables. La violence sur le terrain de football n’est pas un phénomène nouveau et est passible de se reproduire quand les passions déchainés se combinent aux frustrations provoquées par un arbitrage perçu a tort ou a raison comme défavorable, biaise, oriente contré son équipe Trois niveaux de responsabilité sont identifies dans les incidents de violence enregistres au Parc Julia Vilbon de Dufort le dimanche 27 mai 2012. 1er niveau: l’état haïtien Après le séisme du 12 janvier 2010, le Parc Gérard Christophe de Léogâne, ou évoluaient les clubs de Léogâne, en particulier le Cavaly, le Valencia et Anacaona, club de football féminin fut transforme en camp d’hébergement. La surface de jeu, deux années après est inutilisable pour la pratique du sport. Des instances internationales avaient affirme la disponibilité de fonds et leurs intentions de financier la réhabilitation du Parc Gérard Christophe après l’évacuation des sinistres. D’abord la FIFA , au cours d’une réunion au travail tenue au local de la Fédération Haïtienne de Football au centre FIFA GOAL en 2010, avant la réouverture du championnat national, un représentant de la FIFA avait annonce que la FIFA avait des fonds disponibles pour sa réhabilitation après la relocalisation des sinistrés. Depuis nous n’en avons plus entendu parler. Les autorités footballistiques haïtiennes ont-elles poursuivi leurs demandes en ce sens, nous n’en savons rien. Ensuite le PNUD. Deux ans plus tard, en janvier 2012, une délégation composée de représentants du PNUD, du Secrétaire d’Etat a la Jeunesse et aux Sports s’était rendue a Léogâne pour visiter le Parc Gérard Christophe et tenir une rencontre avec des acteurs locaux intéresses a la réhabilitation du Parc. Participaient à cette rencontre, les dirigeants du Cavaly, du Valencia et d’Anacaona F.C, le maire adjoint de Léogâne en plus des cadres et techniciens du MJSAC. Le PNUD annonça qu’il déposait de $150.000 américains qui serviraient à reconstruire la clôture, réparer le terrain de jeu et les vestiaires. Une partie de ces fonds devaient être aussi utilises pour un programme de sensibilisation et d’éducation a la prévention de la violence. Il ressortit des discussions que les $ 150.000 seraient nettement insuffisants pour l’envergure des travaux a realiser. Je posai alors la question au Secrétaire d’Etat: Il n’a été fait mention ici que ces fonds du PNUD et ceux ci sont clairement insuffisants. Mr le Secrétaire d’Etat alors qu’elle sera la contribution de l’état haïtien a la réalisation de ce projet? La réponse du secrétaire d’état: le gouvernement actuel n’a pas de fonds prévus et alloues dans le budget pour la reconstruction du Parc Gérard Christophe de Léogâne. 2eme niveau : La fédération de Football et ses commissions affilies la COCON et la Commission d’Arbitrage, la Commission de Discipline. Une réunion tenue aux locaux de la FHF en janvier 2012 en vue de préparer l’ouverture de la saison 2012 donna l’occasion d’aborder la problématique de la violence sur les terrains de jeu et permit aux dirigeants de club d’exprimer leurs griefs vis-à-vis des arbitres. Oui ces fameux arbitres. J’intervins, quand ce fut mon tour pour faire ressortir ce qui suit : a)Dans le monde du sport, il ya chaque joute un gagnant et un perdant. La joie que nous éprouvons en célébrant une victoire rivalise avec la tristesse qui nous empare en concédant un juste défaite. Il n’existe de geste plus noble après une défaite, que de féliciter l’adversaire vainqueur du jour tout en sachant qu’il nous faut nous préparer pour être victorieux la prochaine fois. Notre plus grande frustration, voire notre vexation, provient du sentiment fonde que l’arbitre par un parti pris ostentatoire a cause la défaite de notre équipe. Or, il n’existe aucune instance au sein de la FHF par devant laquelle porter plainte contre ces arbitres. Les dirigeants de club ne sont informes d’aucune procédure à suivre en telle circonstance. L’adresse de la dite commission et les noms des membres qui la composent demeurent des secrets bien gardes. Il en résulte que a mesure que les frustrations montent et le sentiment, la certitude même gagne les esprits des fans d’un club que les arbitres sont montes contre eux ou même payes pour peser de tout leurs poids contre leur club. Alors la violence finit par éclater. b)La Fédération Haïtienne de Football souffre d’un déficit d’image et laisse percevoir que les résultats de certains matchs sont fixes à l’ avance par quelques esprits obscurs qui souhaitent anéantir telle ou telle équipe. c)Dans les commentaires des fans du club on entend souvent dire “COCON égale COQUIN” d)Je proposai aux dirigeants de la FHF de permettre aux dirigeants de club de commenter sur l’organisation, sur le déroulement de chaque match auquel ils participent. Pour cela, il faudrait à chaque rencontre soumettre au représentant de chacune des deux équipes un formulaire ou ils pourraient inscrire leurs commentaires sur l’intégrabilité des aspects de déroulement de l’événement sportif de l’accueil jusqu’à l’arbitrage. L’instance organisatrice pourrait en les recueillant et les analysant décider des dispositions a prendre pour donner d’avantage de formation aux arbitres ou d’écarter tout simplement qui auront été juges incompétents ou corrompus. Ceci sans écarter des sanctions contre les clubs qui auraient de façon continue et répétée manqué a leurs obligations relevant du protocole du championnat en matière d’éthique sportive Mes recommandations n’ont pas été retenues et la frustration des zèles du Cavaly a monte d’un cran jusqu’a déboucher sur les incidents malheureux dont nous avons été témoins au Parc Julia Vilbon de Dufort ce 27 mai 2012. (A suivre)
Philippe Beaulière/Président du Cavaly
Credit: Le Nouvelliste

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